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Samuel Montminy, M.O.A. audiologiste

SamuelMontminy

 

 

 
M. Samuel Montminy est audiologiste
au programme de déficience auditive - clientèle adulte/aînée
de l'IRDPQ depuis 2004.

Les acouphènes sont des sons entendus dans une ou deux oreilles ou dans la tête en l’absence de toute stimulation sonore extérieure. Ils peuvent se présenter sous différentes formes : sifflements, bourdonnements, bruits de vent, chants de cigale, bruits de lignes électriques, etc. En fait, le son perçu est différent d’une personne à l’autre. Les acouphènes peuvent être constants, fluctuants, continus ou intermittents. Certains sont objectifs et peuvent être entendus par d’autres personnes à l’aide d’un stéthoscope. Dans plus de 95% des cas, les acouphènes sont subjectifs, c’est-à-dire qu’ils sont perçus seulement par la personne qui en présente.

La cause exacte ou l’origine précise des acouphènes demeurent très souvent inconnues. Nous savons par contre que tout ce qui cause une surdité peut causer des acouphènes. Dans la majorité des cas, ceux-ci apparaissent chez une personne qui présente un système auditif déficient ou fragilisé, même subtilement. Les acouphènes sont un symptôme, et non une maladie. C’est un signe que quelque chose est endommagé dans le système auditif, quelque part entre l’oreille et le cerveau. Selon Larousse, (www.larousse.fr) un symptôme est un « phénomène subjectif qui […] est lié aux troubles fonctionnels ou lésionnels qui le déterminent. » Une douleur, un trouble de la sensibilité (ex. : hypersensibilité sonore) ou un trouble sensoriel (ex. : acouphènes, hallucination visuelle) sont des exemples de symptômes. D’un autre côté, une maladie est une « altération de la santé, des fonctions des êtres vivants » (www.larousse.fr). Dans le cas des acouphènes, le « trouble fonctionnel ou lésionnel » qui les détermine se situe, selon les connaissances actuelles, au niveau du système auditif. Les acouphènes peuvent être causés par une atteinte directe à ce niveau (ex. : surdité congénitale, surdité due à l’âge ou à une exposition prolongée à des bruits forts, traumatisme sonore, toute maladie ou infection d’oreille, etc.). Ils peuvent aussi, mais plus rarement, être causés ou associés à d’autres problèmes physiques ou de santé (ex. : traumatisme crânien, problèmes au niveau de la mâchoire ou de la colonne cervicale, hyperthyroïdie, etc.). Notons que ces causes ou facteurs de risque ont un lien indirect avec le système auditif.    

Au Québec, il est estimé qu’au moins 10% de la population présente des acouphènes. De ce nombre, 25% s’en disent incommodés. Le dérangement rapporté est très variable. Il va d’un léger agacement à une détresse insupportable. Les acouphènes sont présents dans tous les groupes d’âge. Leur prévalence augmente avec l’âge. Nous pouvons également observer une augmentation de leur prévalence ces dernières années. L’évolution et l’omniprésence des lecteurs numériques de musique (Ipod et autres) ne sont sûrement pas étrangères à ce phénomène…

Les principales plaintes rapportées par les personnes qui souffrent d’acouphènes concernent le sommeil. Celles-ci présentent souvent des difficultés à s’endormir ou à se rendormir. Les acouphènes peuvent également affecter l’humeur (frustration, impatience, dépression, etc.) et augmenter le niveau de stress/anxiété. Ils peuvent enfin engendrer des problèmes de concentration/attention, d’écoute et de relations interpersonnelles. Notons que le stress ne cause pas directement d’acouphènes. Il peut toutefois agir comme facteur déclencheur d’acouphènes chez une personne qui présente des facteurs de risque la prédisposant à en avoir (ex. : dommage – même minime – au niveau du système auditif, problèmes de mâchoire, arthrose importante au cou, etc.). Le stress peut aussi moduler l’intensité des acouphènes ou influencer le dérangement apporté par ceux-ci.  

Entre 70 à 80% des personnes qui ont un implant cochléaire auraient aussi des acouphènes. Dans la littérature scientifique, il a été démontré que l’utilisation d’un implant cochléaire pouvait avoir un effet bénéfique sur l’intensité ou le dérangement occasionné par les acouphènes. Il y aurait amélioration dans 70% des cas environ, quand l’implant est en fonction. D’un autre côté, il a été rapporté que l’implantation cochléaire pouvait créer des acouphènes ou augmenter ceux déjà présents avant l’opération dans 5 à 7% des cas environ.

Dans quelques cas, le traitement de la cause des acouphènes (ex. : bouchon de cire, otite) devrait les éliminer ou les diminuer. Il est donc important d’aller consulter un médecin généraliste et un médecin ORL (spécialiste pour le nez, la gorge et les oreilles) dès l’apparition d’acouphènes. Ces médecins feront les examens ou références nécessaires pour évaluer l’état du système auditif. Dans les cas où la cause des acouphènes n’est pas bien déterminée, ce qui constitue la majorité des cas, il n’existe pas encore de médicament ou de traitement médical reconnu pour les éliminer. L’intervention auprès des personnes qui souffrent d’acouphènes vise alors à diminuer le dérangement occasionné par ceux-ci au lieu de les faire disparaître complètement.

Si vous présentez des acouphènes et que ceux-ci vous agacent, voici une liste non-exhaustive de stratégies qui peuvent vous aider :  

Éviter le silence

ü  Diluer les acouphènes à travers d’autres sons qui, eux, ne sollicitent pas négativement l’attention;

ü  Les sons utilisés ne doivent pas susciter de réaction négative. Ils ne doivent pas gêner l’audition. Ils doivent être neutres ou agréables;

ü  Utiliser un bruit de fond régulier (ex. : ventilateur, humidificateur, purificateur d’air, fontaine d’eau, etc.), des sons de la nature, de la musique douce. À vous de choisir ce qui est le plus efficace et agréable!

Revoir vos habitudes de sommeil

 ü  Réserver au moins une heure pour décompresser avant le coucher;

ü  Aller au lit uniquement lorsque vous êtes somnolents;

ü  Sortir du lit lorsque vous ne parvenez pas à dormir après 30 minutes et retourner au lit seulement lorsque le sommeil est imminent. Ne pas tenter à tout prix de dormir;

ü  Éviter de faire la sieste le jour;

ü  Éviter les stimulants (ex. : caféine) au moins de quatre à six heures avant l’heure du coucher;

ü  Éviter de manger un repas copieux et des aliments épicés près de l’heure du coucher;

ü  Éviter l’alcool près de l’heure du coucher. L’alcool peut faciliter l’endormissement initial mais fragmente le sommeil plus tard dans la nuit;

ü  L’activité physique pratiquée régulièrement (surtout en fin de journée) peut approfondir le sommeil. Toutefois, l’activité physique intense près de l’heure du coucher a un effet stimulant et peut retarder l’endormissement. Éviter l'activité intense au moins trois heures avant d'aller au lit;

ü  Garder la chambre à coucher tranquille, choisir un matelas et un oreiller confortables et éviter les températures trop chaudes ou trop froides;

ü  Relaxer…

Réduire le stress

ü  Avoir une bonne respiration;

ü  Utiliser une technique de relaxation efficace;

ü  Ralentir, faire une chose à la fois;

ü  Se faire plaisir;

ü  Apprendre à ignorer ce que vous ne pouvez changer;

ü  Viser une vie conjugale ou émotionnelle stable;

ü  Exploiter votre sens de l’humour;

ü  Avoir un stress de rechange : faire une activité que vous aimez et qui vous permet de décrocher;

ü  Établir des objectifs réalistes sur le plan financier, au travail ou dans d’autres aspects de votre vie;

ü  Prendre conscience de l'apport fondamental du soutien de votre entourage;

ü  Gérer mieux votre temps, planifier, déléguer, faire des priorités;

ü  Prendre conscience de votre stress et de ce qui le cause;

ü  Avoir une bonne hygiène de vie (alimentation, sommeil, exercices).

Prendre le contrôle de votre attention

 ü  Si votre attention est totalement orientée vers une activité, une tâche, une pensée, une image, un son, etc., elle ne sera pas « attirée » vers les acouphènes. L’objet de votre attention est sous votre contrôle…;

ü  Transférer votre attention d’un objet à un autre, d’une image à une autre, d’un son à un autre;

ü  Compter à l’envers dans votre tête (ex. : de 100 à 0 par bonds de 3);

ü  Réciter l’alphabet à l’envers;

ü  Faire de l’imagerie mentale.  S’imaginer en voyage, imaginer le paysage (ex. : la plage), le décrire avec le plus de détails possible (ex. : la texture du sable, la température de la mer, la chaleur, le vent, l’environnement, etc.), imaginer les senteurs (ex. : crème solaire), la nourriture, etc. Se rappeler un événement heureux important (ex. : un mariage), comment les personnes étaient habillés, qui était présent, les senteurs, la musique, la nourriture, etc. Se souvenir d’un film, d’une émission de télévision : les acteurs, leur costume, l’histoire, les dialogues, le décor, etc.;

ü  Énumérer tous les pays connus, les provinces du Canada, les capitales canadiennes, les grandes capitales mondiales, les gagnants de la coupe Stanley, etc.

ü  L’idée est de faire aller son imagination! Si ça ne fonctionne pas du premier coup, ce n’est pas grave. Détendez-vous et réessayez plus tard ou le lendemain.

        

Si vous souffrez d’acouphènes, si ceux-ci affectent considérablement la pratique de vos activités quotidiennes et votre qualité de vie, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à un audiologiste. Pour savoir où consulter un audiologiste dans votre région, vous pouvez consulter le site suivant : www.ooaq.qc.ca/ou-consulter/index.html. Sachez enfin que la plupart des centres de réadaptation offre des services spécialisés pour les personnes présentant des acouphènes dérangeants. Pour la liste des centres de réadaptation par région et leurs coordonnées, vous pouvez consulter le site suivant : www.aerdpq.org/les-crdp/coordonnees.     

Samuel Montminy
Audiologiste
Programme déficience auditive – clientèle adulte/aînée
IRDPQ – Institut universitaire de réadaptation
525, boulevard Hamel,
Québec, Québec
G1M 2S8

N.B. : La majorité des informations contenues dans cet article proviennent du cédérom « Vivre avec l’acouphène », conçu et disponible à l’IRDPQ (www.irdpq.qc.ca/expertise-et-formation/centre-integre-de-gestion-de-linformation-cigi/publications-de-lirdpq/vivre-0)